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Combien a augmenté l'électricité au tarif réglementé depuis 2020 ?

Combien a augmenté l'électricité au tarif réglementé depuis 2020 ?

Depuis le 1er août 2026, le prix de l'électricité au tarif réglementé progresse de 2,5 % : en octobre 2026, le kWh d'électricité d'un foyer coûte environ un quart de plus qu'en août 2021. Énergie, réseaux et taxes expliquent l'écart, que l'option (Base, heure pleine ou heure creuse), le fournisseur et l'offre d'électricité amplifient ou atténuent.

Prix électricité, tarif réglementé : six ans de mouvements en quatre repères

  • Août 2021 : 194,3 €/MWh TTC en moyenne, le niveau d'avant la crise de l'énergie.
  • Février 2022 à février 2024 : quatre hausses successives, de l'ordre de 43 à 44 % au total.
  • Février 2025 : baisse moyenne de 14,95 %, de 281,5 à 239,2 €/MWh TTC.
  • 2026 : -0,83 % en février, puis +2,5 % en août, soit une facture de 1 072 € TTC par an pour 4,5 MWh consommés.

Comment fonctionne le tarif réglementé de l'électricité ?

Le tarif réglementé de vente d'électricité, appelé TRVE ou tarif Bleu, est un prix fixé par les pouvoirs publics et non par le fournisseur. La Commission de régulation de l'énergie (CRE) calcule chaque année le niveau qui couvre les coûts d'un fournisseur efficace, puis transmet sa proposition aux ministres de l'Énergie et de l'Économie, qui l'acceptent ou s'y opposent dans un délai de trois mois. En pratique, deux rendez-vous rythment le TRV : le 1er février et le 1er août. Cette méthode dite d'empilement des coûts s'applique également au calcul du prix de l'électricité des contrats indexés, et, sur le plan du calcul, elle ne repose plus sur le seul coût du parc d'EDF.

Le tarif Bleu se compose de trois briques que la commission additionne :

  • la fourniture d'électricité, qui reflète le coût d'approvisionnement sur le marché de gros et, jusqu'à fin 2025, l'accès au nucléaire historique (ARENH) ;
  • la part acheminement, le TURPE, qui rémunère les gestionnaires de réseaux de transport et de distribution (RTE, Enedis et les entreprises locales) ;
  • la part commercialisation, qui couvre la gestion du client, la facture et le service.

Viennent s'y ajouter les taxes : l'accise sur l'électricité, la contribution tarifaire d'acheminement (CTA) et la TVA. Selon le médiateur national de l'énergie, ces prélèvements représentent environ un tiers de la facture d'électricité d'un ménage. Seuls EDF et les entreprises locales de distribution, les fournisseurs historiques, proposent le TRV de l'électricité ; les autres fournisseurs d'électricité, comme Engie ou TotalEnergies, vendent des offres de marché, dont beaucoup s'indexent sur lui. Le tarif réglementé du gaz naturel, lui, a disparu le 30 juin 2023 : l'électricité reste la seule énergie domestique dont le prix de référence est encore fixé par l'État.

Évolution du prix de l'électricité au tarif réglementé de 2020 à 2026

L'évolution du tarif réglementé depuis 2020 se lit en trois temps : de petites hausses jusqu'à l'été 2021, un emballement amorti par le bouclier tarifaire de 2022 à 2024, puis une baisse nette en février 2025 suivie d'une relative stabilité. Le tableau reprend les variations moyennes publiées par la CRE et le gouvernement à chaque échéance, pour l'ensemble des clients résidentiels du tarif Bleu.

Date d'effetVariation moyenneContexte
1er février 2020+3 % (hors taxes)mouvement annuel ordinaire
1er août 2020+1,82 % (hors taxes)évolution du TURPE
1er février 2021+1,93 % (hors taxes)coûts d'approvisionnement
1er août 2021+0,48 % (hors taxes)dernier niveau d'avant la crise
1er février 2022+4 %bouclier tarifaire, accise abaissée
1er février 2023+15 %bouclier tarifaire maintenu
1er août 2023+10 %hausse plafonnée par l'État
1er février 2024+8,6 % à +9,8 % selon l'optionremontée partielle de l'accise
1er février 2025-14,95 % TTCchute des prix de gros, accise à 33,70 €/MWh
1er août 2025environ -0,3 % TTCTURPE 7, TVA à 20 % sur l'abonnement
1er février 2026-0,83 % TTCfin de l'ARENH
1er août 2026+2,5 % TTCTURPE et mécanisme de capacité

L'historique des tarifs d'électricité complet, option par option, figure dans le jeu de données publié par la CRE sur data.gouv.fr, que l'on peut télécharger au format tableur pour suivre le prix du kWh d'électricité sur plusieurs années. Les chiffres de 2020 et 2021 sont des variations hors taxes ; à partir de 2022, la CRE et le gouvernement communiquent en TTC, car le bouclier tarifaire passait justement par la fiscalité.

Combien a augmenté l'électricité au total depuis 2020 ?

La hausse cumulée du tarif réglementé depuis 2020 dépend du point de comparaison, et aucun organisme officiel ne publie un chiffre unique. Le repère le plus solide reste le niveau moyen d'août 2021, 194,3 €/MWh TTC selon les données de la CRE reprises par Connaissance des Énergies. En février 2024, le tarif Bleu culminait à 281,5 €/MWh TTC, soit environ 45 % de plus.

La baisse de février 2025 a ramené la moyenne à 239,2 €/MWh TTC. Les mouvements suivants (-0,3 % en août 2025, -0,83 % en février 2026, puis environ +5,88 € par MWh en août 2026 selon la CRE) conduisent, par notre calcul, à un niveau proche de 242 €/MWh TTC à l'automne 2026. En octobre 2026, l'électricité au tarif réglementé coûte donc environ 25 % de plus qu'à l'été 2021, et l'écart avec début 2020 approche les 30 % si l'on ajoute les trois petites hausses de 2020 et de février 2021.

Autre façon de mesurer : Connaissance des Énergies évaluait en 2024 la facture annuelle d'un foyer type en option Base à près de 2 248 euros, soit 736 euros de plus qu'en 2020. Ce montant concerne un gros consommateur chauffé à l'électricité ; un foyer moyen, à 4,5 MWh d'électricité par an, paie autour de 1 072 € depuis août 2026 d'après la CRE.

Pourquoi le tarif a-t-il bondi entre 2022 et 2024 ?

La flambée du tarif réglementé entre 2022 et 2024 vient d'abord du marché de gros : à l'automne 2021, la reprise post-Covid puis la guerre en Ukraine ont fait exploser le prix du gaz, qui fixe souvent le prix spot de l'électricité en Europe : sur le marché de gros européen, la dernière centrale appelée, souvent au gaz, détermine le cours de l'électricité pour toutes les autres. Au même moment, la production nucléaire française reculait à cause de la corrosion sous contrainte détectée sur plusieurs réacteurs, ce qui obligeait à acheter davantage d'énergie au prix fort.

Pour éviter un choc sur le pouvoir d'achat, le gouvernement a créé le bouclier tarifaire. L'accise sur l'électricité, l'ancienne CSPE, est passée à son minimum légal, et la loi a plafonné la hausse du tarif Bleu à 4 % en février 2022, puis à 15 % en février 2023. En août 2023, l'État a retenu une hausse de 10 %, alors que la CRE estimait qu'il aurait fallu bien davantage pour couvrir les coûts réels des fournisseurs.

En février 2024, la sortie progressive du bouclier a pris la forme d'une remontée partielle de l'accise, d'où une hausse de 8,6 % à 9,8 % selon l'option tarifaire. Sur l'ensemble de la période, la CRE chiffrait l'augmentation entre février 2022 et février 2024 à 43 ou 44 % environ, une évolution sans équivalent depuis l'ouverture du marché en 2007.

La baisse de 2025 et la fin de l'ARENH en 2026

La baisse du tarif réglementé au 1er février 2025 tient à la chute des prix de marché, selon la CRE : la part approvisionnement a fondu, ce qui a compensé la remontée de l'accise de 22 à 33,70 €/MWh et la hausse du TURPE reportée d'août 2024. La moyenne TTC a reculé de 14,95 %, une baisse historique, inégale selon les options :

Option tarifaireMoyenne TTC avantMoyenne TTC au 1er février 2025Baisse
Base313 €/MWh268,4 €/MWhenviron 14,5 %
Heures pleines / heures creuses275,7 €/MWh230,3 €/MWhenviron 16 %
Tempo196,4 €/MWh192,5 €/MWhenviron 2 %

Au 1er août 2025, la CRE a proposé de maintenir les tarifs quasi stables (environ -0,3 % TTC) lors de l'entrée en vigueur du TURPE 7. La même date, la TVA sur l'abonnement est passée de 5,5 % à 20 %, une hausse compensée par une baisse de l'accise sur le kWh : le coût fixe a augmenté, le prix de chaque kWh a légèrement reculé.

Le 1er janvier 2026, le dispositif ARENH, qui donnait aux fournisseurs un accès au nucléaire d'EDF à prix fixe, a pris fin. D'après la CRE et l'arrêté du 28 janvier 2026, la moyenne a baissé de 0,83 % TTC, soit environ 2 € par MWh et près de 9 € par an pour un foyer consommant 4,5 MWh. Le site du médiateur précise que l'option Tempo a, elle, augmenté d'environ 6 %, et que l'abonnement est désormais identique en Base et en heures pleines / heures creuses pour une puissance souscrite donnée.

Ce que change la hausse d'août 2026 sur la facture

La hausse du tarif réglementé au 1er août 2026 atteint 2,5 % TTC en moyenne, une proposition de la CRE validée par le gouvernement. Selon la CRE, la facture d'électricité d'un foyer consommant 4,5 MWh passe de 1 046 à 1 072 euros par an, soit environ 26 euros de plus, répartis entre le prix du kWh et l'abonnement. Deux postes poussent le tarif vers le haut : le TURPE, en hausse d'environ 3 % depuis la décision de mai, et la brique capacité, qui finance le mécanisme de capacité réformé par la loi de finances pour 2025. L'accise baisse légèrement, de 30,85 à 30,62 €/MWh pour les puissances jusqu'à 36 kVA.

Ce mouvement concerne 19,37 millions de clients résidentiels au tarif Bleu au 31 mars 2026, d'après la CRE, ainsi que tous les contrats d'électricité indexés sur le TRV. Pour un ménage qui paie en douze mensualités, 26 euros par an représentent un peu plus de 2 euros par mois : la variation se voit surtout à la régularisation annuelle.

Prenons un exemple concret avec les moyennes publiées : un foyer de 4,5 MWh par an payait environ 1 072 € TTC en août 2026, contre près de 874 € s'il avait gardé le niveau moyen d'août 2021 (194,3 €/MWh). L'écart, proche de 200 euros, correspond au quart de hausse calculé plus haut. Sur cette facture, les gestes de sobriété décrits dans notre article sur comment réduire sa facture d'énergie pèsent souvent plus lourd que l'évolution du tarif.

Quelles sont les options tarifaires disponibles au tarif Bleu ?

Le tarif Bleu résidentiel propose aujourd'hui trois options tarifaires ouvertes à la souscription, chacune avec son abonnement fixé selon la puissance souscrite, de 3 à 36 kVA :

Option Base
Un prix du kWh unique à toute heure. Elle convient aux petites consommations et aux logements sans chauffage électrique, souvent en 3 ou 6 kVA.
Option heures pleines / heures creuses (HPHC)
Huit heures creuses par jour, fixées par le gestionnaire de réseau, avec un kWh moins cher. Depuis la réforme engagée par la CRE en 2025, une partie des heures creuses glisse vers l'après-midi pour suivre la production solaire. L'option devient intéressante si une part importante de la consommation (chauffe-eau, recharge, lave-linge) tombe sur ces plages.
Option Tempo
Un prix qui varie selon la couleur du jour (bleu, blanc ou rouge) et l'heure. Les 22 jours rouges, en hiver, coûtent très cher ; le reste de l'année, le kWh descend nettement sous l'option Base. Elle récompense les foyers capables de décaler leur utilisation, par exemple avec une pompe à chaleur air-air pilotable.

L'option EJP (effacement jours de pointe) n'accepte plus de nouveaux clients depuis 1998 ; les contrats existants continuent jusqu'à leur résiliation. La grille tarifaire complète, kWh et abonnement pour chaque puissance, est disponible sur le site d'EDF et dans le jeu de données de la CRE.

Ai-je droit au tarif réglementé ?

Le tarif réglementé de l'électricité reste ouvert, en France métropolitaine comme dans les zones non interconnectées (Corse, Réunion, Guyane, Antilles), à tout consommateur domestique dont la puissance souscrite ne dépasse pas 36 kVA, c'est-à-dire en basse tension. Les particuliers peuvent souscrire ou revenir au TRV à tout moment, sans frais, même après avoir quitté EDF pour un autre fournisseur d'électricité. Hors métropole continentale, EDF SEI ou l'entreprise locale de l'île assure la fourniture, avec le même tarif Bleu que dans l'Hexagone.

Pour un professionnel, l'accès est plus étroit : le code de l'énergie le réserve aux entreprises de moins de 10 salariés dont le chiffre d'affaires, les recettes ou le total de bilan restent sous 2 millions d'euros, une limite inférieure à celle des PME, pour un site raccordé en 36 kVA ou moins. Une entreprise plus grande doit signer une offre de marché. Le tarif Bleu non résidentiel suit des évolutions proches mais distinctes : -1,58 % TTC en février 2026 et +2,35 % en août 2026, selon EDF.

La souscription se fait auprès d'EDF ou de l'entreprise locale de distribution de la commune (Strasbourg, Grenoble, Metz et quelques centaines d'autres). La demande se passe en ligne ou par téléphone, avec le numéro PDL du compteur, une pièce d'identité et une adresse de facturation ; la mise en service ne coupe pas le courant.

Tarif réglementé, prix fixe ou offre indexée : que choisir ?

Le choix entre le tarif réglementé et une offre de marché revient à arbitrer entre sécurité et pari sur les prix. Le tarif Bleu évolue deux fois par an sur décision publique : il ne peut pas grimper subitement, mais il suit les coûts du système électrique avec quelques mois de décalage. Trois familles d'offres lui font concurrence :

  • les offres indexées, qui appliquent une remise de quelques pourcents sur le kWh du tarif Bleu et en suivent chaque évolution ;
  • les offres à prix fixe, qui figent le prix hors taxes du kWh pendant un, deux ou trois ans, sans protéger contre une hausse des taxes ou du TURPE ;
  • les offres à prix variable ou de marché, révisées chaque mois ou chaque trimestre, plus risquées après l'expérience de 2022.

Le comparateur public du médiateur national de l'énergie, sur energie-info.fr, classe les offres d'électricité selon la consommation et la puissance déclarées, sans information personnelle exigée : la meilleure offre est celle adaptée au besoin réel du foyer, à son utilisation de l'électricité semaine après semaine et à son usage du chauffage. Avant de signer, vérifier la durée d'engagement, l'éventuelle offre d'électricité verte et ses garanties d'origine, la qualité du service client et les frais annexes. Des conseils pour comparer les fournisseurs d'électricité de Nice à Paris complètent cette grille de lecture, et la rubrique gestion de vos finances rassemble nos autres pages budget.

Le chèque énergie, envoyé aux ménages modestes selon leurs revenus, reste la principale aide pour payer la facture, que le contrat soit au tarif réglementé ou en offre de marché. Il ne finance pas de travaux de rénovation énergétique depuis le 15 février 2025.

Prix du kWh d'électricité, échéances et abonnement Bleu en 2026

Quel est le prix du kWh au tarif réglementé en 2026 ?

Le prix du kWh au tarif réglementé dépend de l'option et de la puissance. En moyenne, tous clients résidentiels confondus, il tourne autour de 242 €/MWh TTC depuis août 2026, soit environ 0,24 € par kWh abonnement compris ; l'option Base en 6 kVA reste un peu au-dessus de cette moyenne.

Quand le tarif réglementé change-t-il ?

Le tarif réglementé change en principe deux fois par an, au 1er février et au 1er août, après une délibération de la CRE et un arrêté des ministres. La prochaine échéance tombe le 1er février 2027.

Les heures creuses restent-elles avantageuses ?

Les heures creuses restent avantageuses quand au moins 30 à 40 % de la consommation y tombe, un seuil indicatif repris par la plupart des comparateurs. En dessous, l'option Base revient souvent moins cher.

Quel est le montant de l'abonnement annuel ?

Le montant de l'abonnement annuel varie selon la puissance souscrite et l'option ; depuis février 2026, il est identique en Base et en heures pleines / heures creuses à puissance égale. Depuis août 2025, il supporte une TVA de 20 %, contre 5,5 % auparavant.

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